Les vingt premiers psychologues praticiens
Vietnamiens vont recevoir leur diplôme en Septembre, de façon solennelle, à
Hanoi, en présence des autorités vietnamiennes, des enseignants de Toulouse II
et Montpellier III, de représentants de l’Ambassade de France, de l’Agence
Universitaire de la Francophonie et de l’ADEPASE.
Un des premiers objectifs de l’ADEPASE est
donc atteint. Nous pouvons être fiers d’avoir été maîtres d’œuvre de cette
réussite.
Le problème des débouchés, posé et discuté
depuis le début, devient aigu. La mission d’Avril a fait le point avec nos
partenaires sur les demandes de postes de psychologue et les lieux possibles
d’exercice de leur profession.
Bien évidemment c’est d’abord et surtout à
nos amis Vietnamiens de prendre ce problème en charge. Il faut prendre acte
que, pour le moment, ce sont surtout des demandes individuelles qui se font
entendre, non encore relayées par une volonté politique. Cependant l’ADEPASE
considère qu’elle a un devoir moral d’accompagnement des structures qui ont
accueilli les stagiaires, qui peuvent être des lieux d’exercice , qui demandent
à l’être, mais qui ont peu de moyens et de soutiens pour le devenir.
Se présentent deux cas de figure :
-
des consultations publiques insérées dans des structures hospitalières.
L’hôpital, c’est-à-dire l’Etat, a bien évidemment la responsabilité de créer
des postes de psychologues et d’assurer leur salaire. Encore que, comme la
Fondation N.T le fait à l’hôpital Dong Da, le poste de psychologue puisse être
créé et payé par une Association privée, dans une consultation au statut
mixte : locaux publics, personnels privés. De toutes façons, les besoins
matériels de ces services restent très importants : équipement des salles,
jeux, mobilier etc...
-
des lieux privés, accueillant des enfants handicapés ou en détresse,
sans moyens réels, où un gros travail est à faire, tant dans la formation en
psychologie des personnels bénévoles qui y travaillent, qu’auprès des parents
et des enfants. Nous pensons en premier lieu au Centre Phuc Tué, qui accueille
des enfants autistes ou déficients intellectuels (cf. compte-rendu). La
Directrice de ce Centre demande la création d’un poste de psychologue, à raison
d’une vacation de deux jours par semaine.
L’ADEPASE est en pourparlers
avec un autre Centre près de Lao Cai. La mission de Juin devrait confirmer les
possibilités d’aide à ce Centre pour enfants de minorités ethniques.
Le salaire d’un psychologue débutant devrait
être d’au moins environ 400 000dgs/mois, soit 200 F ou 30,50 euros. Ce qui fait
366 euros par an. Une vacation = 40 000dgs/jour = 3,50 euros.
Par ailleurs l’ADEPASE veut continuer sa
politique d’octroi de bourses. A la rentrée prochaine quatre bourses de 15
euros/mois seront allouées à des étudiants en psychologie sans revenus. Cela
fait un budget de 720 euros par an.
De plus, la Faculté de Psychologie de Hanoi
propose la création d’un Prix ADEPASE d’excellence en psychologie (cf.
compte-rendu). Si l’ADEPASE adhère à cette idée, elle hésite à s’engager, car
le coût en serait de 121 euros par an.
Chers amis, comme vous le voyez l’ADEPASE,
très sollicitée, est en quelque sorte victime de son succès !
Je me tourne donc vers vous, une nouvelle
fois : ce n’est pas le moment de faiblir. Votre soutien nous est
indispensable pour aider les lieux où des enfants, abîmés pour toutes sortes de
raisons, sont accueillis et nourris certes mais où le « luxe
nécessaire » d’une aide psychologique ne serait pas de trop pour eux et leurs
parents désemparés.
Si quelques-uns d’entre vous pouvaient
prendre en charge une vacation de psychologue, une bourse, ou encore faire un
don, nous pourrions faire face à ces besoins, tous justifiés, soyez-en sûrs.
En attendant que tous ces projets se
réalisent, je vous souhaite, au nom du Conseil d’Administration, de très bonnes
vacances.
Jeanne Bertrand
Retour
de mission –30 Mars au 14 Avril 2002-
Cette mission avait un double aspect :
-
d’une part, une partie enseignement et suivi des stages, assurée par deux
psychologues praticiennes (C.Authelet et M.Albenque) et une psychologue, maître
de Conférence (Ch. Alberti)
-
d’autre part, une partie plus administrative et institutionnelle,
assurée par l’ADEPASE (J.Bertrand)
Objectifs de la mission :
1.
Accueillir et
informer les deux psychologues praticiennes qui venaient en mission de
formation pour la première fois au Vietnam : Catherine Authelet, de Reims,
et Michèle Albenque, d’Auch.
2.
Maintenir et
renforcer les liens de l’ADEPASE avec les partenaires institutionnels :
Ambassade de France, Agence Universitaire de la Francophonie, Université des
Sciences Sociales et Humaines, Fondation N.T., et faire le point sur les actions, les projets et les besoins.
3.
Rencontrer les structures
susceptibles de créer des postes de psychologues, évaluer la faisabilité d’un
tel projet et les moyens pour le mettre en œuvre.
Catherine Authelet, psychologue, ou
Christiane Alberti, maître de conférence à Toulouse II, participent à ces
rencontres.
1.
Vous trouverez les
comptes-rendus de Catherine Authelet et Michèle Albenque dans la Lettre.
2.
Partenaires
-
Serge Snrech, attaché de Coopération.
Met l’accent sur les débouchés. Se dit prêt à obtenir un financement pour des psychologues allant travailler dans des Centres pour enfants hors de Hanoi. Il cite le Centre Bac Ha, près de Lao Cai (frontière chinoise), qui regroupe des enfants de minorités.
-
Louis Arsac, attaché de Coopération.
Prône des Assises de la
psychologie clinique en Asie du Sud-Est qui réuniraient plusieurs pays
régionaux et au moins deux pays européens et pourraient intéresser le Japon et
l’Union Européenne.
-
Benoît Blanc, attaché de coopération médicale.
Connaît très bien notre
travail et a aidé la coopération. Il quitte son poste dans trois mois. Il
engage l’ADEPASE à prendre le relais de l’Université auprès du Ministère des
Affaires Etrangères (Bureau des ONG) et à faire un dossier sur ses objectifs
d’aide aux enfants en détresse.
Le Docteur Philippe Biberson
sera son successeur.
-
Daniel Weissberg, Directeur régional pour Asie-Pacifique
D. Weissberg annonce
l’accord de financement du dernier projet de recherche élaboré par les
Universités de Hanoi et de Toulouse, la prise en main de la Filière
Universitaire Francophone en psychologie par les vietnamiens
(responsable : Cuc) et le prochain examen des dossiers de
candidatures aux bourses d’étude.
-
Serge Cao, chef de projet des classes bilingues
Les lycéens francophones
issus des classes bilingues réussissent significativement mieux au baccalauréat
et à l’examen d’entrée à l’Université que les lycéens des autres cursus. Il y a
donc une forte demande des familles pour accéder à ces classes et toute une
stratégie de leur part afin que leurs enfants bénéficient à la fois de cette
formation et… de l’apprentissage de l’anglais.
A l’occasion de ce
rendez-vous, heureuse rencontre avec Binh (thèse de linguistique sur le
Français à Toulouse en 2001) toujours aussi fin francophone.
Alliance Française (l’AF est le service
culturel et artistique de l’Ambassade)
-
Dominique l’Huillier, attaché du livre.
Rappel : c’est
grâce à lui que l’Ambassade de France avait pris en charge la traduction des
cours oraux et écrits du module professionnel.
Donne des précisions sur les
volumes horaires et les coûts des sessions de cours de Français :
Une session dure 10
semaines, à raison de 1h de cours/semaine. Coût : 400 000 dongs (30,49
euros)
Chaque étudiant a la
possibilité de suivre deux sessions par an = 800 000 (60, 98 euros). Ce montant
représente l’équivalent de quatre mois d’une bourse ADEPASE.
Réunion comprenant :
-
Nguyen Hôi Loan, Doyen
-
Van Thu, vice-Doyen
-
Van Thi Kim Cuc (responsable de la Filière universitaire francophone et
traductrice)
-
Catherine Authelet, psychologue de l’Education Nationale à Reims,
intervenante dans la Formation. ADEPASE
-
Michèle Albenque, psychologue, psychanalyste, hôpital d’Auch,
intervenante dans la Formation. ADEPASE
-
Jeanne Bertrand, Présidente ADEPASE.
a)
Les bourses
- Remise à plat des critères
et du mode d’attribution des bourses.
L’ADEPASE offre quatre
bourses mensuelles de 15 euros (200 000 dongs), par année universitaire. Elles
sont attribuées selon les critères suivants :
-
étudiant sans soutien familial
-
étudiant bien noté
-
étudiant inscrit à l’Alliance Française
-
étudiant participant aux recherches scientifiques
L’ADEPASE fait une affiche
annonçant cette offre de bourses et ces critères. L’affiche sera placardée dans
les locaux de la Faculté de psychologie. La Faculté fait la sélection. Dès
réception des noms retenus, l’ADEPASE ouvre un dossier pour chaque boursier
avec CV. L’ADEPASE informe chaque boursier qu’il devra envoyer un compte-rendu
de ses activités en Juin et en Décembre, ainsi que le certificat d’inscription
et de présence aux sessions de Français de l’A.F, à la Présidente de
l’Association, responsable du Dossier Bourses.
b) Le Doyen propose que l’ADEPASE créé un Prix de psychologie, sous
forme numéraire, remis en Avril de façon solennelle, aux dix meilleurs
étudiants en psychologie, toutes années confondues.
Ces prix seraient échelonnés
comme suit :
Un 1er prix –
Deux 2ème prix- Trois 3ème prix- Quatre prix
d’encouragement.
Le CA de l’ADEPASE trouve l’idée intéressante et fait une
proposition au Doyen Loan sur le montant des Prix :
-
1er Prix = 23
euros (# 200 000 dongs)
-
2ème Prix = 15 euros (# 130
000dgs)
-
3ème Prix = 12
euros (# 105 000 dgs)
-
Prix d’encouragement = 8 euros (# 70 000 dgs)
Les liens sont maintenus et renforcés avec
N.T. Tous les intervenant de cette mission ont participé à des consultations
dans deux hôpitaux, avec les médecins-chefs de service et les psychologues en
formation (Dong Da et Vien Nhi) et à des discussions et séminaires de travail
sur les cas des enfants rencontrés. Un grand merci aux traducteurs, Minh Duc et
Cuc, aux médecins pédo-psychiatres, à Nhat, toujours active, et des
encouragements à la jeune psychologue de Dong Da, Loan, qui fait un travail de
pionnière avec les enfants qui lui sont confiés, avec l’aide compétente du
psychologue Nguyen Minh Duc.
3.
Structures
Visite du Centre Phuc Tué à
Hanoi.
-
Statut juridique
Ce Centre privé accueille 25 enfants de 5 à
17 ans, lourdement handicapés (autistes, retards mentaux, etc..).
Il est dirigé par Madame VU Thi Minh Huong,
ancienne professeur de littérature, qui a mis sa maison à disposition et l’a
transformée pour faire ce Centre de jour. Il ne reçoit aucune subvention de
l’Etat et est géré par une Association vietnamienne humanitaire. Les membres de
l’Association sont responsables juridiquement du Centre. Elles font des dons en
argent et en matériel. Aucune ONG étrangère n’intervient.
Les parents qui le peuvent paient une somme
au prorata de leurs revenus.
-
Recrutement
Le recrutement des enfants passe par les
consultations de santé mentale des Hôpitaux. Chaque enfant a un dossier
médical.
-
Objectifs :
-
communication et langage
-
habitudes éducatives, éducation à la propreté
-
autonomisation
-
apprentissages scolaires
-
créer des liens avec des écoles primaires
Chaque enfant a un cahier de projets que les
parents doivent suivre. Peu s’y intéressent.
-
Personnels
Une Directrice adjointe
Quelques éducatrices, étudiantes de l’ENS,
niveau bac + 2, mais sans aucune qualification particulière en
psychopathologie, se relaient bénévolement... La Fondation N.T leur assure
quelques cours d’information.
Le Centre fait fonction de lieu de stage pour
les psychologues praticiens en formation, sous la responsabilité de Cuc.
-
Demandes
La Directrice serait très intéressée
par :
-
La création d’un poste de psychologue, sous la forme d’une vacation de
2 jours/semaine.
-
La formation en psychologie des éducatrices.
La psychologue serait essentiellement chargée
d’entretiens avec les parents, afin de changer leur regard sur l’enfant
handicapé, faire évoluer les mentalités et les accompagner dans leur souffrance
de parents blessés. Au Vietnam, ces enfants sont encore très souvent perçus
comme porteurs de malédiction familiale, et de ce fait rejetés activement.
L’ADEPASE étudie la faisabilité d’un projet
de soutien à ces demandes et en a évalué le coût :
Une journée de psychologue = 40 000 dgs (# 3
euros )
Un an de salaire = 288 euros
Chaque mission pourrait par ailleurs
intervenir ponctuellement pour des rencontres de formation des éducatrices.
Le travail du psychologue embauché serait
contrôlé par Cuc.
La prochaine mission de Juin à Hanoi est
chargée de reprendre ces questions avec la Directrice du Centre et Cuc.
Conclusion
Mission riche et fructueuse, une fois de plus pleine d’enseignements et
d’apports réciproques.
A Hanoi, l’ADEPASE est bien repérée dans le milieu de la psychologie de
l’Enfant, comme un partenaire sérieux et fiable, aux actions ciblées, concrètes
et utiles.
Jeanne Bertrand, le 10 Mai
2002
Partir à Hanoi pour enseigner et témoigner de
ma pratique de psychologue clinicienne a été une décision plutôt difficile à
prendre.
Mais les formalités d'aéroport passées, j'ai
oublié mes inquiétudes avec l'accueil de Huong et de Jeanne. Et puis le
paysage, la moiteur du climat, m'ont replongée tout de suite dans quelque chose
de familier. En effet, j’ai passé les 30 premières années de ma vie à
Madagascar. Comme métisse connaissant de l’intérieur le poids de la langue et
de la culture originelles et comme psychologue sachant combien la langue est
une question fondamentale dans notre pratique, j’arrivais au Vietnam pleine
d’interrogations inquiètes sur les possibilités de transmettre un savoir venu
d’ailleurs, dans une langue tellement « étrangère ».
J'ai rencontré des enseignants incroyablement
décidés et travailleurs, parfois débordés par toutes les tâches qui leur
incombent, mais toujours à l'écoute, prêts à vous aider et très chaleureux.
Travailler sur la traduction avec Minh Duc et
Cuc a été formateur pour moi et sujet à beaucoup d'échanges et de
réflexions : comment transmettre une pratique psychologique quand les mots
sont au cœur de notre travail et que le jeu signifiant/signifié échappe
peut-être à la traduction ?
Mais il me semble cependant que nous avons pu
repérer cela et en tenir compte pour trouver le mot « juste ». Cela
reste un sujet dont j’aimerais continuer à discuter à l’ADEPASE.
Avec Minh Duc, nous avons présenté le transfert dans la technique psychanalytique avec Dora, et des cas issus de mon propre travail pour exemplifier la théorie.
Avec Cuc, j'ai présenté les conduites à
risque chez les jeunes, avec comme exemple le rapport au corps chez les
toxicomanes.
De plus, Cuc et moi avons rencontré un jeune
homme à l'hôpital, pendant que Huong et les étudiants parlaient avec sa
famille.
De mon point de vue, la présentation de
patients et le repérage diagnostique seraient intéressants à développer dans ce
module professionnel et à instaurer d'une façon plus systématique.
Les 4 jours de cours ont très vite passé et
malheureusement, il n'a pas été possible de parler de leur mémoire avec les
étudiants : je le regrette un peu.
En tous cas, merci à Odette Lescarret et
Jeanne Bertrand de m'avoir fait confiance et merci à tous les Vietnamiens de
leur gentillesse et de leur hospitalité.
En retour, je serai toujours disponible pour
recevoir des stagiaires-étudiants ou enseignants, pour travailler avec eux
toutes questions diagnostiques et les problèmes cliniques qui les intéressent,
à l'hôpital d'Auch.
Repérer la différence des cultures, celle de
la langue, les limites de la traduction qui peuvent être contournables, et
alors on peut, avec un certain enthousiasme, dire que la coopération et
l'échange sont possibles pour former des psychologues cliniciens au Vietnam ou
ailleurs, à partir de nos savoirs et de notre savoir-faire.
Michèle Albenque
Psychologue clinicienne
Centre Hospitalier du Gers
–Auch-
31 mars au 13 avril-
Dès la descente d’avion, je suis accueillie
par Huong, jeune vietnamienne francophone chargée des relations internationales
à l’Université et par Jeanne Bertrand, présidente de l’ADEPASE. Pour ce premier
séjour au Vietnam, c’est Jeanne qui sera mon guide avisé et mon initiatrice
attentive dans le dédale des organisations, officielles ou non, françaises ou
vietnamiennes, autant de partenaires qui cimentent cette vaste entreprise
qu’est le développement de la psychologie en Asie du Sud Est.
Mon intervention se situe dans le cadre du
« module professionnel de psychologie de l’enfant » mis en place
depuis 2000 pour des étudiants s’initiant depuis peu à la langue française.
Cette action de formation se déroulera dans différents lieux.
-
A l’Université Nationale du
Vietnam :
Dans les locaux de la faculté de
psychologie, une séance sera consacrée
à des apports théoriques sur les mécanismes de défense du moi, suivie d’une
autre portant sur leur mise en évidence par des exemples tirés de la vie
quotidienne.
-
Sur les lieux de stage
Deux autres séances permettront ensuite des
échanges avec les étudiants sur leurs lieux de stage.
-
à l’hôpital Vien Nhi ,au Centre
de protection de la Santé de l’enfant qui permettra d’analyser un cas clinique
présenté par une étudiante, en présence de la psychiatre responsable du
service
-
au Centre privé Phuc Tué, créé
et dirigé par Mme Vu Thi Minh Huong, qui accueille des enfants handicapés, où
les échanges porteront surtout sur deux cas cliniques qui seront l’occasion de
conforter les apports théoriques.
Tout au long de ces quatre séances de
formation, les étudiants se sont montrés très demandeurs, profitant de toutes
les occasions pour se renseigner également sur la place et le rôle des
psychologues en France… Ces échanges animés n’ont pu avoir lieu que grâce aux
traductions de deux psychologues francophones : Van Thi Kim Cuc et Nguyen
Minh Duc.
C’est d’ailleurs Minh Duc qui se fera le
porte-parole pressant de la fondation NT pour solliciter une observation
clinique au CMPP de l’hôpital Dong Da. Ainsi, accompagnée de Jeanne, nous avons
pu apporter à la psychologue stagiaire des éléments de compréhension concernant
le comportement de deux fillettes psychotiques et donner du sens à leurs mises
en acte. Cette séance a ensuite été analysée lors d’une session de travail au
siège de NT avec la participation du psychiatre de la consultation, d’étudiants
et de membres de la Fondation dont la présidente Nguyen Thi Nhat, toujours
disponible et très impliquée.
Je n’oublierai pas d’évoquer les nombreuses
discussions informelles avec les partenaires-amis de l’ADEPASE autour de
« bonnes tables » et ne citerai que la plus
extravagante : repas de serpent avec M.Dang Ba Lam, et la plus
touchante : celle de N’Guyen Ba Dat, boursier de l’ADEPASE, qui
tenait à remercier l’association par le truchement de sa présidente.
Pour terminer, ce séjour fut enrichissant à
plus d’un égard, notamment sur les plans relationnel, professionnel et
culturel.
Merci à Jeanne pour son enthousiasme, sa
compétence et son énergie militante.
Catherine Authelet,
Psychologue de l’Education
Nationale à Reims.
Une mission composée de Madeleine Gueydan,
psychologue, maître de Conférence, et Marie Christine Saldana, psychologue,
PAST, toutes deux à l’Université de Montpellier III et membres de l’ADEPASE, se
rendent à Hanoi.
Elles doivent donner suite à la mission
exploratrice d’Avril sur l’aide aux structures d’accueil d’enfants en détresse.
Outre les contacts avec les partenaires habituels, la mission devrait faire la
rencontre de Madame Tran Han Giang, Directrice du Centre d’Etudes de la Famille
et de la Femme (trop brièvement rencontrée par Jeanne Bertrand en Avril) qui
devrait leur permettre de se rendre à Lao Cai (près de la frontière chinoise)
afin d’y visiter un Centre de regroupement d’enfants de minorités ethniques et
d’évaluer ses besoins sur le plan psychologique.
Des consultations pilotées par la Fondation N.T sont prévues, ainsi que
les traditionnelles discussions qui les complètent, avec les pédiatres, psychiatres
et étudiants en psychologie. J.B
ETUDES ET STAGES EN FRANCE
D’UNE ETUDIANTE VIETNAMIENNE
Grâce à la coopération entre
l’Université des sciences sociales de Hanoi, Vietnam, où j’ai fait mes études
et l’Université de Toulouse II le Mirail, j’ai eu la chance d’effectuer un
séjour de trois mois en France, à Toulouse.
Le jour où je suis arrivée était très beau, le soleil resplendissait.
J’étais très touchée quand j’ai vu pas seulement une mais quatre personnes: Mme
Lescarret et Mme Ricaud-Droisy et leurs époux me chercher à l’aéroport Blagnac
de Toulouse. La fatigue de 16 heures d’avion eut disparu quand je les ai
rencontrés.
Mon stage a commencé un peu
plus tard que prévu à cause de l’explosion d’AZF mais il a passé très bien. Le
premier établissement où je me suis rendue a été l’Institut médico-educatif « les Hirondelles » à
Auch avec les enfants autistes et handicapés. Le travail des psychologues est
de les soigner psychologiquement et les aider. De plus, les psychologues sont
aussi le pont entre les enfants autistes et leurs parents, pour que les parents
puissent mieux comprendre leurs enfants.
J’ai eu des impressions
intenses du travail des psychologues qui nous demande des bonnes qualités comme
la patience, la philanthropie, la diligence.
Au sujet des enfants, ce qui
me frappe ici est qu’il n’y a pas de discriminations entre les enfants autistes
et handicapés et les enfants sains.
En comparant avec le Vietnam, les enfants
autistes ne sont pas encore pris beaucoup en soins. On n’a pas encore des
établissements spécialisés pour eux. Pourtant, il apparaît que depuis une
dizaine d’années, le nombre des enfants autistes au Vietnam augmente, sans
doute parce qu’on commence à s’y intéresser. Donc, il est vraiment nécessaire
d’établir et fonder les centres psychologiques pour les prendre en charge.
En conséquence, le nouveau
système pour former les étudiants vietnamiens en psychologie et de travailler
en tant que psychologues praticiens est une bonne décision. Pour quoi je dis
cela ?
En fait, au Vietnam, bien qu’il y ait une
formation de psychologie depuis une trentaine d’années, la profession de psychologue n’existe pas. Les étudiants de
psychologie deviennent tous enseignants ou chercheurs dans l’Université ou
l’Institut de recherche. Ainsi, les postes pour psychologues dans le système de
travail ne sont pas statués clairement et précisément. Et en réalité, chez nous
dans le moment actuel, la contradiction est qu’il y a un grand besoin de
psychologues mais les étudiants trouvent rarement du travail à cause de
l’absence de postes de travail.
J’ai eu aussi la chance de
faire un stage à l’Hôpital des enfants -
Purpan, au Service de néonatologie. Le travail des psychologues est en
majorité avec les parents avant ou après le moment où leur bébé est né prématurément.
Ces parents ont des troubles psychologiques, des anxiétés, des dépressions. Les
psychologues les rencontrent, les encouragent et les soutiennent. La tâche est
vraiment dure mais intéressante et humanitaire. Ma semaine au Service
néonatologie est passée très vite. Je l’ai quitté avec beaucoup de regret.
Ensuite, c’était le stage
avec la psychologue scolaire d’un Réseau
d’Aide Spécialisée aux Enfants en Difficulté (RASED) dans plusieurs écoles
primaires à Ramonville. La fonction des psychologues est absolument nécessaire
à l’école. Au Vietnam, on attache de l’importance à l’éducation des enfants.
Donc, il faut avoir des psychologues scolaires dans toutes les écoles.
Enfin, ce qui m’intéresse
beaucoup est la semaine dans le secteur de consultations spécialisées au Service de guidance infantile du Gers.
Les psychologues font des consultations, et guident les enfants et les
adolescents en grande difficulté. Chez nous, il commence à apparaître quelques
services comme ça mais à toute petite échelle et pas systématique.
Après le stage, je vais
essayer de proposer des idées pour le
Vietnam : la première démarche des psychologues est de construire
la déontologie et un code de la profession ratifié par le
gouvernement, et puis d’appeler à la création de postes de travail
officiels dans les établissements de soins, les hôpitaux, les établissements
scolaires…
Pour moi, ce stage de 3 mois
a été très utile et m’a impressionnée. Il a effectivement élargi mes
connaissances pas seulement de psychologie mais aussi de la culture et l’esprit
français.
J’ai décidé prolonger mon
séjour en France pour faire un DEA, et puis, peut-être, une thèse. En tant que
jeune génération de psychologue, je souhaite acquérir beaucoup de
connaissances, de savoirs divers pour mieux contribuer au développement et à la
progression de la psychologie, et au développement de la profession de
psychologue au Vietnam.
DANG Hoang Minh*
*Minh est une étudiante de
quatrième année préparant le mastère de psychologie à l’Université des Sciences
Sociales et Humaines (Faculté de psychologie) de Hanoi. Elle fait partie des
vingt étudiants vietnamiens sélectionnés pour suivre le « module
professionnel de psychologie de l’enfant », mis en place par l’Université
de Toulouse II-le Mirail dans le cadre de l’accord de coopération, qui
contribue à la formation des premiers psychologues praticiens vietnamiens qui
seront diplômés en Septembre 2002. Son séjour en France lui permet d’améliorer
son Français. Elle est titulaire d’une bourse du Ministère des Affaires
Etrangères. L’ADEPASE a largement contribué à l’organisation de son séjour, en
particulier en lui trouvant ses lieux de stages et l’hébergement quand cela
était nécessaire.
L’ADEPASE lui a également
permis de profiter d’un séjour de trois jours à Paris. J.B
Publication
Bui Thi Thanh Thao (2001). Familles et soins en milieu hospitalier
vietnamien. Cahiers du Genre, 30, 79-101.
« La famille constitue au Viêt-Nam une
institution clé dont la présence reste toujours primordiale en milieu
hospitalier. Un ensemble de facteurs justifient cette présence et expliquent
que la famille soit acceptée et admise comme membre à part entière du processus
de soins aux côtés des professionnels de santé. Au dénuement et au manque de
moyens matériels, financiers et humains des hôpitaux, conséquence du
désengagement de l'Etat dans le domaine de la santé, elle offre une réponse de
nature économique et fonctionnelle. Mais cette implication de la famille est
aussi induite par des facteurs d'ordre culturel et psychologique, comme
l'influence du confucianisme. Ce dernier met la famille au cœur des processus
sociaux et de la structuration des relations sociales, et il se manifeste par
un rapport au corps caractérisé par une grande pudeur, la famille ayant pour
fonction de préserver l'intimité du malade ».
Résumé de l'article de Bui Thi Thanh Thao
(op. cit., 79).
Hélène RICAUD-DROISY
Pour celles et ceux qui
n'auraient pas encore envoyé leur bulletin d'adhésion 2002… Merci.
Bulletin d'Adhésion à
l'Association
NOM…………………………………………
Prénom………………………………………
Adresse………………………………………
……………………………………………….
……………………………………………….
Tél……………………………………………
Fax…………………………………………...
E-mail………………………………………..
q Demande mon adhésion à l'ADEPASE
q Fait un don de ……….…euros à
l'ADEPASE
q Finance une bourse d'étude durant
m 6 mois
m un an
Fait à …………………..., le ………………..
Ci-joint un chèque de ……………….euros
(chèque libellé à l'ordre de l'ADEPASE)
et une enveloppe timbrée à mon adresse
COTISATIONS 2002 fixées
à :
Tarif normal : 23
euros
Tarif étudiant (sur justificatif) : 8 euros
Robert Lescarret – A.DE.P.A.S.E.
19 Rue des Lois
31000 Toulouse
